L’article en 30 secondes

  • Le CSP France Travail dure 12 mois maximum à compter de la date d’adhésion du salarié.
  • L’employeur doit proposer le CSP lors de l’entretien préalable, sous peine d’une indemnité de deux mois de salaire.
  • Le salarié dispose de 21 jours calendaires pour accepter ou refuser le dispositif.
  • L’obligation CSP s’applique aux entreprises de moins de 1000 salariés licenciant pour motif économique.

La durée du CSP France Travail est de 12 mois maximum à compter du jour où votre salarié adhère au dispositif. Ce Contrat de Sécurisation Professionnelle accompagne les salariés licenciés pour motif économique dans leur retour à l’emploi, avec une allocation et un suivi renforcé géré par France Travail.

En tant qu’employeur, vous avez des obligations précises autour du CSP : savoir dans quels cas le proposer, à qui, avec quels documents et dans quel délai. Cet article passe en revue l’ensemble de ces points, depuis l’entretien préalable jusqu’à la réponse de votre salarié.

Qu’est-ce que le CSP proposé par France Travail ?

Le Contrat de Sécurisation Professionnelle est un dispositif légal qui remplace la procédure de licenciement économique classique lorsque le salarié accepte d’y adhérer. Il est co-financé par l’État et les employeurs, et piloté par France Travail (anciennement Pôle Emploi) dans chaque département, avec un réseau de conseillers dédiés à l’accompagnement des adhérents.

Le salarié qui adhère au CSP perçoit une allocation de sécurisation professionnelle (ASP) égale à 75 % du salaire brut journalier de référence, calculé sur les 12 derniers mois de travail. Ce taux est nettement supérieur à celui de l’assurance chômage classique, qui oscille entre 57 % et 75 % selon le profil du demandeur d’emploi.

En contrepartie, le salarié s’engage à suivre un parcours de reclassement intensif : bilans de compétences, formations qualifiantes, ateliers de recherche d’emploi, entretiens individuels avec un conseiller France Travail. Ce suivi est personnalisé et se déploie sur toute la durée du dispositif, avec des points d’étape réguliers.

Le CSP est encadré par l’accord national interprofessionnel (ANI) du 31 mai 2011, régulièrement renouvelé. Il reste pleinement en vigueur en 2026 pour toutes les procédures de licenciement économique dans les entreprises de moins de 1000 salariés.

Quelle est la durée exacte du CSP en 2026 ?

La durée du CSP est de 12 mois maximum à compter de la date d’adhésion du salarié. Cette période commence le lendemain de la rupture du contrat de travail, qui intervient elle-même à l’issue du délai de réflexion de 21 jours : ou à la date d’acceptation si le salarié répond avant ce terme.

Pendant ces 12 mois, votre salarié perçoit l’ASP chaque mois, à condition de respecter ses engagements dans le parcours de reclassement. S’il retrouve un emploi avant la fin du CSP, il peut, sous conditions, percevoir une prime de reclassement correspondant à 50 % de ses droits ASP restants, ce qui constitue une incitation forte au retour rapide à l’emploi.

À l’inverse, si votre salarié ne retrouve pas d’emploi à l’issue des 12 mois, il bascule sur l’assurance chômage classique. La durée passée en CSP est alors déduite de ses droits ARE (Allocation de Retour à l’Emploi), selon les règles de coordination entre les deux dispositifs.

Il n’existe pas de prolongation du CSP au-delà de 12 mois. Cette durée est fixe, quelle que soit la situation du salarié à l’échéance du dispositif. L’accompagnement par France Travail peut néanmoins se poursuivre dans le cadre du parcours chômage classique après la fin du CSP.

Dans quel cas faut-il proposer le CSP à vos salariés ?

L’obligation de proposer le CSP s’applique à toute procédure de licenciement économique, qu’elle concerne un salarié unique ou plusieurs dizaines de collaborateurs. Dès que vous envisagez de rompre un contrat pour raison économique, vous devez informer votre salarié de son droit au CSP lors de l’entretien préalable au licenciement.

Les motifs économiques reconnus par le Code du travail incluent les difficultés économiques de l’entreprise, les mutations technologiques, la réorganisation nécessaire à la sauvegarde de la compétitivité, ou la cessation totale d’activité. Ces motifs doivent être réels et sérieux, documentés et communicables au salarié concerné.

L’obligation existe même si vous n’avez qu’un seul salarié en CDI. Il n’y a pas de seuil d’effectif minimum déclenchant l’obligation CSP, du moment que l’entreprise compte moins de 1000 salariés. La règle s’applique donc à la quasi-totalité des TPE et PME françaises.

En cas de licenciement collectif nécessitant la consultation du comité social et économique, la remise du document CSP à chaque salarié concerné intervient à l’issue de la dernière réunion de consultation. Pour mieux comprendre le rôle du comité dans ces procédures collectives, consultez notre article sur le CSE et l’accès aux avantages salariés.

Tous les salariés sont-ils concernés par le CSP ?

Non. Pour être éligible, votre salarié doit remplir plusieurs conditions cumulatives. La première est d’être titulaire d’un CDI (Contrat à Durée Indéterminée) au moment de la rupture. Les salariés en CDD, en contrat d’apprentissage ou en contrat de professionnalisation ne sont pas éligibles au CSP, quelle que soit leur ancienneté dans l’entreprise.

Ensuite, le salarié doit justifier d’un an d’ancienneté dans l’entreprise pour percevoir l’ASP à taux plein (75 %). Les salariés qui ont moins d’un an d’ancienneté peuvent tout de même adhérer au CSP, mais leur allocation est alors calculée selon les règles de l’assurance chômage classique, souvent à un taux inférieur.

Le salarié doit aussi être apte au travail, ne pas avoir atteint l’âge de départ à la retraite à taux plein, et ne pas avoir commis de faute lourde. Ces critères sont vérifiés par France Travail lors de l’ouverture du dossier d’adhésion, au moment de la signature du bulletin.

Enfin, le salarié doit justifier d’une affiliation suffisante à l’assurance chômage : au moins 88 jours ou 610 heures de travail dans les 24 ou 36 derniers mois selon son âge. France Travail vérifie cette condition à l’adhésion et peut refuser l’ouverture du dossier si elle n’est pas remplie.

Que se passe-t-il si votre entreprise compte au moins 1000 salariés ?

Si votre entreprise atteint ou dépasse le seuil de 1000 salariés, le CSP ne s’applique pas. À ce niveau d’effectif, c’est le congé de reclassement qui s’impose légalement, un dispositif différent mais aux objectifs comparables : accompagner le salarié vers un nouvel emploi pendant la période de transition.

Le congé de reclassement est entièrement financé par l’employeur. Sa durée varie entre 4 et 12 mois, fixée par accord collectif ou, à défaut, dans les limites légales. Pendant ce congé, le salarié perçoit une rémunération minimale de 65 % de son salaire brut mensuel de référence, versée directement par l’employeur.

Pour les entreprises entre 50 et 999 salariés, le CSP reste obligatoire, mais d’autres dispositifs d’accompagnement peuvent venir s’y superposer selon les accords de branche ou d’entreprise. Consultez systématiquement votre convention collective pour identifier les obligations spécifiques à votre secteur d’activité.

Pour les très petites entreprises : celles comptant moins de 50 salariés : l’obligation CSP s’applique exactement comme pour les PME. La taille de la structure ne dispense pas de l’obligation, et l’oubli de proposition du CSP ouvre droit à une indemnité compensatrice en faveur du salarié lésé.

Dois-je proposer le CSP pour d’autres modes de rupture économique ?

Le CSP est réservé au licenciement pour motif économique au sens strict du Code du travail. D’autres modes de rupture existent dans un contexte économique, mais ils n’entraînent pas l’obligation de proposer le dispositif. La distinction repose sur la qualification juridique de la rupture.

La rupture conventionnelle collective (RCC), fondée sur un accord collectif d’entreprise, ne constitue pas juridiquement un licenciement. Les salariés qui quittent l’entreprise dans ce cadre bénéficient de l’assurance chômage classique, mais n’ont pas droit au CSP. Si votre contexte est une cession d’entreprise, notre article sur la rupture conventionnelle lors d’une vente d’entreprise détaille les options disponibles.

La rupture conventionnelle individuelle, conclue d’un commun accord entre l’employeur et le salarié, n’ouvre pas non plus droit au CSP. Cette forme de rupture amiable reste hors du champ du licenciement économique et des obligations qui y sont attachées.

En revanche, si un départ s’inscrit dans un PSE (Plan de Sauvegarde de l’Emploi) et que la rupture est qualifiée de licenciement économique dans les accords, le CSP peut redevenir obligatoire. La règle de base est simple : si la rupture est juridiquement qualifiée de licenciement pour motif économique, le CSP s’impose. Dans le doute, vérifiez la qualification avec un juriste en droit du travail.

À quel moment faut-il proposer le CSP à votre salarié ?

Le moment de la proposition est strictement encadré. Vous devez informer votre salarié du CSP lors de l’entretien préalable au licenciement pour motif économique. Le document CSP : bulletin d’adhésion et notice d’information individuelle : doit être remis en main propre à la fin de cet entretien, contre signature d’un accusé de réception.

Si le salarié est absent à l’entretien ou refuse de signer l’accusé de réception, vous devez lui envoyer le document par lettre recommandée avec accusé de réception le jour même ou au plus tard le lendemain. Tout retard fragilise la procédure et peut exposer l’employeur à une sanction financière.

Pour les licenciements collectifs soumis à consultation du CSE, la remise du document CSP à chaque salarié intervient dès le lendemain de la dernière réunion de consultation. Ce délai est identique pour tous les salariés concernés par la procédure collective, sans exception.

Si vous avez omis de remettre le document lors de l’entretien, il reste possible de l’envoyer le jour suivant par recommandé. Mais chaque jour de retard décale d’autant le début du délai de réflexion, ce qui peut perturber le calendrier global de votre procédure de licenciement et créer des complications administratives.

Quels documents faut-il remettre à votre salarié ?

La remise du CSP comprend un ensemble précis de documents obligatoires. Le premier est le bulletin d’adhésion au CSP, qui contient toutes les informations sur le dispositif, les modalités d’adhésion auprès de France Travail, et la liste des engagements auxquels le salarié souscrit s’il accepte.

Ce bulletin est impérativement accompagné d’une notice d’information individuelle, rédigée par France Travail, qui présente en détail la durée du CSP (12 mois), le montant de l’allocation de sécurisation professionnelle, le fonctionnement du parcours de reclassement et les conséquences du refus. Sans cette notice, le délai de réflexion ne commence pas à courir.

Vous devez également joindre une attestation précisant les éléments de calcul de l’ASP : le salaire de référence des 12 derniers mois et le montant de l’indemnité légale de licenciement à laquelle le salarié a droit. France Travail a besoin de ces données pour calculer et verser l’allocation dans les meilleurs délais.

Si le salarié accepte le CSP, vous remettrez à la fin du délai de réflexion son solde de tout compte, son attestation employeur destinée à France Travail, son certificat de travail et le document récapitulatif de ses droits à la formation via le CPF. Ces documents sont remis au moment de la rupture effective du contrat de travail.

L’erreur à éviterRemettez toujours la notice d’information individuelle avec le bulletin d’adhésion : sans ce document, le délai de réflexion de 21 jours ne commence pas à courir, et toute la procédure peut être contestée devant le conseil de prud’hommes.

Où trouver les documents CSP à remettre à votre salarié ?

Les documents officiels du CSP sont disponibles auprès de France Travail, dans la rubrique employeurs de leur espace institutionnel. Vous pouvez les obtenir directement auprès de votre agence France Travail locale en contactant un référent employeur, qui peut aussi vous accompagner dans la constitution du dossier.

Les Dreets (Directions régionales de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités), qui ont remplacé les anciens Direccte, peuvent également vous fournir les imprimés à jour. Vérifiez que vous utilisez bien la version en vigueur en 2026 : les documents sont actualisés régulièrement, et une notice obsolète peut invalider l’ensemble de la procédure.

Si vous passez par un cabinet d’expertise comptable ou un prestataire RH externe, exigez que ses documents soient à jour avant de les remettre à votre salarié. En cas de doute, contactez votre agence France Travail avant de démarrer la procédure : les référents employeurs sont formés pour accompagner les entreprises de toutes tailles, y compris les TPE.

Personne consultant des formulaires administratifs sur un bureau

Quel est le délai de réflexion dont dispose votre salarié ?

Votre salarié dispose d’un délai de réflexion de 21 jours calendaires pour décider s’il accepte ou refuse le CSP. Ce délai est incompressible : ni vous ni le salarié ne pouvez le réduire unilatéralement, même si sa décision semble déjà arrêtée dès l’entretien préalable.

Pendant ces 21 jours, votre salarié a toute latitude pour prendre contact avec France Travail, rencontrer un conseiller, et évaluer les avantages du CSP par rapport à un licenciement économique classique. Ce temps de réflexion est encadré par la loi et ne doit pas être perturbé par des pressions de votre part.

Si votre salarié ne répond pas à l’issue du délai, il est légalement réputé avoir refusé le CSP. La procédure de licenciement économique reprend alors son cours normal. Vous envoyez la lettre de licenciement dans les délais légaux ou conventionnels, et le salarié effectue son préavis avant de s’inscrire à France Travail.

En cas d’acceptation dans les 21 jours, le salarié retourne son bulletin d’adhésion signé à France Travail avant le terme du délai. La rupture du contrat de travail intervient à l’issue de ce délai. Le préavis n’est pas effectué mais est intégré dans le calcul des indemnités versées à France Travail par l’employeur.

Quand débute le délai de réflexion ?

Le délai de réflexion commence à courir le lendemain du jour de la remise du document CSP au salarié. Si vous lui remettez le bulletin lors de l’entretien préalable un lundi, le délai commence le mardi et expire 21 jours calendaires plus tard, soit un mardi également : sauf si ce jour est férié ou tombe en week-end.

En cas d’envoi par lettre recommandée, le délai commence le lendemain de la première présentation du courrier au domicile du salarié par La Poste. C’est cette date de présentation qui fait foi, que le salarié ait retiré le recommandé ou non. Un courrier présenté le mercredi déclenche le délai dès le jeudi.

Si le 21e jour tombe un samedi, un dimanche ou un jour férié, le délai est automatiquement prorogé jusqu’au premier jour ouvrable suivant. Ce report est de droit et ne nécessite aucune formalité particulière de la part de l’employeur ou du salarié.

La date à consigner dans votre suivi RH est celle qui figure sur l’accusé de réception signé lors de l’entretien, ou sur l’avis de présentation postal. Conservez ces documents : ils constituent votre principale preuve en cas de contestation devant le conseil de prud’hommes sur la date de départ du délai.

Peut-on réduire le délai si le salarié répond avant les 21 jours ?

Oui. Si le salarié répond avant l’expiration du délai, ce dernier prend fin le jour de sa réponse. Que la réponse soit une acceptation ou un refus explicite, la procédure avance sans attendre le 21e jour. Ce mécanisme permet de gagner du temps lorsque la décision du salarié est rapide et claire.

En cas d’acceptation anticipée, le salarié retourne son bulletin d’adhésion signé à France Travail avant le terme du délai. La rupture du contrat de travail est alors prononcée à cette date, et le salarié entre immédiatement dans son parcours CSP. Vous pouvez dès lors préparer les documents de fin de contrat.

En cas de refus explicite notifié avant les 21 jours, votre salarié vous adresse un courrier écrit mentionnant son refus du CSP. Ce document suffit à clore le délai de réflexion. Vous enclenchez ensuite la suite de la procédure de licenciement économique sans attendre le terme théorique.

En revanche, si votre salarié reste silencieux, vous devez impérativement attendre la fin du délai de 21 jours complets. Le silence ne vaut ni acceptation ni refus anticipé. Seule l’absence de réponse à l’issue du délai entier vaut refus implicite. Toute lettre de licenciement envoyée avant ce terme expose l’employeur à un contentieux prud’homal.

Ce délai peut-il être allongé ?

Non. Le délai de 21 jours est fixe et non extensible à l’initiative de l’une ou l’autre des parties. Ni vous ni le salarié ne pouvez unilatéralement prolonger ce délai. Certains accords de branche ou d’entreprise peuvent néanmoins prévoir des conditions plus favorables pour le salarié, notamment un délai supérieur à 21 jours : consultez votre convention collective avant de lancer la procédure.

Certains événements peuvent créer un décalage de fait sans modifier la durée légale. Si La Poste n’a pas pu présenter le recommandé au domicile du salarié à la première tentative, le délai ne commence pas à courir tant que la présentation n’a pas eu lieu. Cela peut décaler le départ du délai de quelques jours selon les disponibilités du salarié pour retirer le courrier.

En cas de litige sur la date de remise du document, le conseil de prud’hommes peut être amené à fixer une autre date de départ du délai. Ces situations restent rares mais elles justifient de conserver des preuves solides et datées à chaque étape de la procédure CSP.

Puis-je envoyer une lettre de licenciement pendant le délai de réflexion ?

Non. Il est formellement interdit d’envoyer la lettre de licenciement pendant le délai de réflexion de 21 jours. Cette règle est absolue : tant que le salarié n’a pas rendu sa réponse ou que le délai n’est pas expiré, la procédure de licenciement est suspendue et aucun acte de rupture ne peut être posé.

Envoyer une lettre de licenciement pendant ce délai constitue une violation de la procédure légale. Le salarié est alors fondé à saisir le conseil de prud’hommes pour obtenir des dommages et intérêts pour procédure irrégulière, en plus des indemnités habituelles. Le risque financier pour l’employeur est immédiat et difficile à contester.

Une fois le délai expiré sans réponse, ou dès que le salarié a notifié son refus par écrit, vous pouvez envoyer la lettre de licenciement. Le délai de notification du licenciement court alors selon votre convention collective : généralement entre 7 et 15 jours calendaires après la fin de l’entretien préalable.

Si le salarié accepte le CSP, il n’y a aucune lettre de licenciement à envoyer. La rupture du contrat résulte de l’adhésion au dispositif. Vous remettez simplement les documents de fin de contrat : attestation France Travail, certificat de travail, solde de tout compte : au moment de la rupture effective.

Que se passe-t-il après la réponse du salarié ?

Si le salarié accepte le CSP, son contrat de travail est rompu à l’issue du délai de réflexion (ou le jour de son acceptation anticipée). L’indemnité légale de licenciement économique lui est versée directement. L’indemnité compensatrice de préavis, à laquelle il a normalement droit, est versée à France Travail pour contribuer au financement de l’ASP durant le parcours.

Si le salarié refuse ou ne répond pas dans les 21 jours, la procédure de licenciement économique reprend son cours normal. Le salarié effectue son préavis (sauf dispense avec maintien de salaire) avant de s’inscrire à France Travail pour l’assurance chômage classique. Dans les deux cas, informez France Travail de la suite donnée au dossier CSP du salarié.

  • Acceptation : remise de l’attestation employeur, du certificat de travail et du solde de tout compte ; versement de l’indemnité de licenciement au salarié et de l’indemnité compensatrice de préavis à France Travail.
  • Refus ou absence de réponse : envoi de la lettre de licenciement dans les délais conventionnels, puis préavis ou dispense avec maintien de rémunération.
  • Dans les deux cas : notification de la décision du salarié à France Travail et archivage de tous les documents pendant au moins cinq ans.

Quelles sanctions si l’employeur n’a pas proposé le CSP ?

L’absence de proposition du CSP est une faute procédurale grave. Si le salarié prouve que vous ne lui avez pas remis le document dans les délais, il peut obtenir une indemnité de deux mois de salaire brut à votre charge, en plus des indemnités de licenciement légales ou conventionnelles. Cette sanction s’applique même si le motif économique du licenciement est par ailleurs parfaitement fondé.

Le juge prud’homal ne contrôle pas ici le fond du licenciement mais uniquement le respect de la procédure d’information sur le CSP. Un simple oubli ou un retard de remise du document suffit à déclencher la condamnation. La bonne foi de l’employeur n’est pas un argument recevable face à un manquement formel.

Si la procédure CSP est entachée d’un vice formel majeur : notice d’information manquante, délai de réflexion non respecté, lettre de licenciement envoyée trop tôt : l’ensemble de la procédure peut être fragilisée et conduire à une requalification en licenciement sans cause réelle et sérieuse, avec des indemnités bien plus lourdes à la clé pour l’employeur.

Pour les TPE et PME qui gèrent leurs procédures RH en interne, faire vérifier chaque dossier de licenciement économique par un juriste en droit du travail avant toute remise de document reste la meilleure protection. Le coût d’un conseil préventif est sans commune mesure avec celui d’un contentieux prud’homal.

Récapitulatif des étapes clés pour l’employeur

Voici les étapes à respecter dans l’ordre chronologique pour mener à bien la procédure CSP sans risque de contentieux :

  1. Vérifier l’éligibilité du salarié au CSP : CDI, ancienneté suffisante, affiliation à l’assurance chômage, aptitude au travail.
  2. Télécharger les documents à jour de 2026 auprès de France Travail ou des Dreets avant l’entretien préalable.
  3. Remettre le bulletin d’adhésion et la notice d’information en main propre lors de l’entretien préalable, ou par lettre recommandée avec accusé de réception au plus tard le lendemain.
  4. Conserver la preuve de remise : signature du salarié ou avis de présentation postal daté.
  5. Attendre impérativement les 21 jours calendaires complets, sauf réponse anticipée écrite du salarié.
  6. Selon la réponse reçue : préparer les documents de fin de contrat en cas d’acceptation, ou envoyer la lettre de licenciement dans les délais conventionnels en cas de refus.
  7. Notifier France Travail de la suite donnée au dossier et archiver tous les documents pendant au moins cinq ans.

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