L’essentiel à retenir
- Le contrat en intérim doit être signé dans les 2 jours ouvrables suivant le début de la mission.
- La durée maximale d’un contrat intérim est de 18 mois, renouvellements inclus.
- Le salarié intérimaire reçoit une prime de précarité de 10 % de sa rémunération brute totale.
- Refuser un CDI en fin de mission peut entraîner la perte des droits aux allocations chômage.
Le contrat en intérim, ou contrat de travail temporaire, est un accord signé entre une agence d’intérim et un salarié intérimaire pour réaliser une mission précise au sein d’une entreprise utilisatrice. Sa durée maximale est de 18 mois renouvellements compris dans la plupart des cas. À la fin de la mission, le salarié perçoit une indemnité de précarité de 10 % de la rémunération brute totale perçue. Voici tout ce qu’il faut connaître avant de signer.
Quelles mentions obligatoires doit contenir le contrat de travail temporaire ?
Le contrat de travail temporaire doit être signé dans les deux jours ouvrables qui suivent la mise à disposition du salarié intérimaire dans l’entreprise utilisatrice. Ce délai est impératif : un contrat remis hors délai peut être requalifié en CDI par les prud’hommes.
Le contrat doit mentionner le motif du recours à l’intérim (remplacement d’un salarié absent, accroissement temporaire d’activité, emploi saisonnier…), la durée de la mission et son terme, le poste de travail occupé, la rémunération versée ainsi que les conditions d’une éventuelle période d’essai. La qualification professionnelle exigée et les caractéristiques du poste doivent y figurer explicitement.
En 2026, la réglementation impose également que le contrat mentionne les équipements de protection individuelle nécessaires si la mission l’exige. L’absence de l’une de ces mentions engage la responsabilité de l’agence et peut ouvrir droit à des dommages et intérêts pour le salarié intérimaire.
Quelle est la durée d’un contrat en intérim : terme précis ou sans terme ?
Un contrat de travail temporaire peut être conclu avec un terme précis — une date de fin fixée dès le départ — ou sans terme précis, lorsque la durée de la mission dépend d’un événement à venir comme le retour du salarié remplacé. Dans ce cas, une durée minimale doit obligatoirement être indiquée dans le contrat intérim.
La durée maximale autorisée varie selon le motif du recours à l’intérim. Pour un accroissement temporaire d’activité, le plafond est de 18 mois renouvellements inclus. Pour le remplacement d’un salarié attendant la suppression de son poste ou pour une mission réalisée à l’étranger, il monte à 24 mois.
| Motif du recours à l’intérim | Durée maximale autorisée |
|---|---|
| Accroissement temporaire d’activité | 18 mois |
| Remplacement d’un salarié absent | 18 mois |
| Emploi saisonnier | 9 mois |
| Attente d’entrée en service d’un salarié en CDI | 9 mois |
| Mission à l’étranger | 24 mois |
| Remplacement avant suppression de poste | 24 mois |
Le contrat en intérim comporte-t-il une période d’essai et peut-il être renouvelé ?
Oui, le contrat de travail temporaire peut inclure une période d’essai. Sa durée est calculée sur la base de la durée totale de la mission : un jour par semaine travaillée, plafonnée à deux semaines pour les contrats de moins de six mois, et à un mois pour les contrats plus longs.
Le renouvellement d’un contrat intérim est autorisé deux fois maximum. Chaque renouvellement fait l’objet d’un avenant signé avant l’échéance du contrat en cours. La durée totale — contrat initial et renouvellements — ne doit jamais dépasser les plafonds légaux fixés selon le motif du recours.
Quels sont les droits et la rémunération du salarié intérimaire ?
Le salarié intérimaire bénéficie des mêmes conditions de travail que les salariés permanents de l’entreprise utilisatrice : durée du travail, repos hebdomadaire, jours fériés, accès aux équipements collectifs et aux services de restauration. L’entreprise utilisatrice est responsable de sa sécurité sur le lieu de travail.
Sa rémunération brute ne doit pas être inférieure à celle que percevrait un salarié permanent occupant le même poste avec la même qualification. En pratique, beaucoup d’intérimaires touchent une rémunération légèrement supérieure. Pour les missions dans des secteurs très encadrés, les agences spécialisées en recrutement réglementé garantissent le respect de ces grilles tarifaires imposées par la loi.
Quelles indemnités perçoit le salarié en fin de mission ?
À la fin de la mission, le salarié intérimaire perçoit deux indemnités spécifiques, sauf si le contrat débouche sur un CDI ou un CDD chez l’entreprise utilisatrice.
L’indemnité de fin de mission (IFM), couramment appelée prime de précarité, représente 10 % de la rémunération brute totale perçue pendant la durée de la mission. Elle est versée avec le solde de tout compte à l’issue du contrat de travail temporaire.
À cela s’ajoute une indemnité compensatrice de congés payés de 10 % de la rémunération brute, IFM comprise. Ces deux indemnités cumulées constituent un supplément non négligeable par rapport au salaire de base mensuel. Les droits aux congés des intérimaires du BTP sont gérés par des caisses spécifiques — une particularité à anticiper pour mieux gérer ses droits aux congés payés entre deux missions.
Peut-on rompre un contrat en intérim avant son terme ?
La rupture anticipée d’un contrat de travail temporaire est strictement encadrée. Elle reste possible uniquement dans des cas précis : faute grave du salarié, force majeure, accord mutuel des parties, inaptitude constatée par le médecin du travail ou embauche du salarié intérimaire en CDI chez un autre employeur.
Hors de ces cas, la partie qui rompt le contrat doit verser des dommages et intérêts correspondant au minimum aux salaires restant dus jusqu’au terme prévu. Si c’est l’agence ou l’entreprise qui rompt sans motif valable, le salarié intérimaire a droit à l’intégralité des rémunérations dues jusqu’à la fin de la mission.
Que se passe-t-il si le salarié refuse un CDI en fin de contrat intérim ?
Depuis la réforme de l’assurance chômage, un salarié intérimaire qui refuse un CDI proposé par l’entreprise utilisatrice à l’issue de sa mission peut perdre ses droits aux allocations chômage. L’entreprise doit signaler ce refus à France Travail dans les 30 jours suivant la proposition.
Cette règle ne s’applique que si le CDI correspond au même poste ou à un poste similaire avec une rémunération au moins équivalente. Un CDI impliquant un déménagement imposé ou une baisse de salaire ne donne pas lieu à cette sanction pour le salarié intérimaire.
Comment se déroule un contrat en intérim étape par étape ?
La procédure suit une logique simple et bien rodée, du premier contact avec l’agence jusqu’à la clôture administrative de la mission de travail temporaire.
- Inscription en agence : le candidat dépose son CV et ses justificatifs auprès d’une agence d’intérim qui évalue ses compétences et son expérience.
- Proposition de mission : l’agence transmet le profil à une entreprise utilisatrice ayant exprimé un besoin en personnel temporaire.
- Signature du contrat : le salarié signe son contrat de travail temporaire avec l’agence dans les 2 jours ouvrables suivant le début de la mission.
- Réalisation de la mission : le salarié travaille dans l’entreprise utilisatrice sous la direction de celle-ci, tout en restant lié juridiquement à l’agence d’intérim.
- Suivi et paie : l’agence verse la rémunération au salarié intérimaire et facture l’entreprise utilisatrice pour les coûts de la mission.
- Fin de mission : à l’échéance, l’agence remet le solde de tout compte, l’IFM (10 %) et l’indemnité compensatrice de congés payés (10 %).
À chaque étape, l’agence d’intérim reste l’employeur juridique du salarié intérimaire. Elle gère la paie, les déclarations sociales et la remise des documents de fin de contrat.
Questions fréquentes
C’est quoi un contrat par intérim ?
Un contrat par intérim est un contrat de travail temporaire conclu entre une agence d’intérim et un salarié intérimaire. Il permet à l’agence de mettre ce salarié à disposition d’une entreprise utilisatrice pour une durée limitée, afin de répondre à un besoin ponctuel : remplacement d’un absent, surcroît d’activité ou emploi saisonnier. La durée, la mission et la rémunération sont fixées dans le contrat signé avec l’agence.
Quelle est la durée maximum d’un contrat en intérim ?
La durée maximale d’un contrat en intérim est de 18 mois dans le cas le plus courant (accroissement temporaire d’activité), renouvellements compris. Ce plafond monte à 24 mois pour les missions à l’étranger ou le remplacement d’un salarié en attente de suppression de poste. Pour les emplois saisonniers ou l’attente d’un salarié recruté en CDI, la limite est de 9 mois.
Comment se passe un contrat en intérim ?
Le salarié s’inscrit auprès d’une agence d’intérim, qui le met en relation avec des entreprises ayant des besoins ponctuels. À chaque mission, un contrat de travail temporaire est signé entre l’agence et le salarié. L’agence paie le salaire et gère l’administratif, tandis que l’entreprise dirige le travail au quotidien. En fin de mission, le salarié reçoit l’indemnité de fin de mission (10 %) et l’indemnité compensatrice de congés payés (10 %).
Quels sont les inconvénients d’un contrat intérimaire ?
Le principal inconvénient de l’intérim est l’instabilité professionnelle : le salarié intérimaire n’a aucune garantie de travail continu entre les missions. Cette précarité complique l’accès à un crédit immobilier ou à certaines locations. La protection sociale, bien que réelle, reste moins étendue qu’en CDI. Depuis 2024, refuser un CDI proposé en fin de mission peut aussi entraîner la perte des allocations chômage.

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