La grille de salaire de la convention 66 (IDCC 413, signée le 15 mars 1966) repose sur un système de points indiciaires : chaque salarié se voit attribuer un coefficient selon sa catégorie et son ancienneté, puis ce coefficient est multiplié par la valeur du point pour obtenir le salaire brut mensuel. En 2026, la valeur du point est de 3,93 euros bruts. Si vous cherchez la grille 2024 en PDF, sachez que les barèmes sont actualisés chaque année par avenant de branche : vous trouverez ici les valeurs en vigueur et la méthode de calcul complète.
Comment est fixée la rémunération selon la convention collective 66 (IDCC 413) ?
La Convention collective nationale du 15 mars 1966, couramment désignée sous le nom de CCN 66, s’applique aux établissements et services pour personnes inadaptées et handicapées gérés par des associations privées à but non lucratif. Elle couvre un large périmètre : foyers d’hébergement, instituts médico-éducatifs (IME), établissements et services d’aide par le travail (ESAT), services d’éducation spéciale et de soins à domicile (SESSAD), centres d’hébergement et de réinsertion sociale (CHRS). La rémunération des salariés y est encadrée de façon précise, sans laisser place à l’arbitraire de chaque employeur.
Le mécanisme central est celui du salaire indiciaire : à chaque poste correspond un coefficient déterminé par la classification conventionnelle et l’ancienneté du salarié. Ce coefficient est multiplié par la valeur du point en vigueur pour produire le salaire brut mensuel de base. Ce système garantit une grille de salaires lisible et opposable à l’employeur, qu’il s’agisse d’une petite association locale ou d’une grande fédération nationale.
La convention 66 distingue plusieurs grandes catégories de personnel : personnel administratif et de services généraux, personnel éducatif et social, personnel paramédical, personnel médical et cadres. Chacune dispose de sa propre grille avec des coefficients de base et une progression à l’ancienneté. C’est cette logique d’évolution intégrée dans la grille qui rend la CCN 66 particulièrement protectrice pour les professionnels du secteur social et médico-social.
Il faut distinguer la convention 66 de la Convention collective nationale de 1951 (CCN 51), même si toutes deux s’appliquent à des structures du secteur social. L’appartenance à l’une ou l’autre dépend de la nature juridique de l’employeur et de son activité principale. La fiche de paie mentionne obligatoirement la convention applicable, ce qui permet à chaque salarié de vérifier son rattachement et de s’assurer que les bonnes règles sont appliquées.
Quelle est la valeur du point en 2026 pour calculer le salaire ?
La valeur du point CCN 66 est l’élément pivot de tout calcul de salaire dans ce secteur. Fixée par accord de branche et révisée lors des négociations annuelles obligatoires, elle s’établit en 2026 à 3,93 euros bruts par point. Cette valeur a progressé ces dernières années, sous l’effet de l’inflation et des accords de revalorisation conclus entre les fédérations employeurs — Nexem, FEHAP — et les organisations syndicales représentatives.
La valeur du point peut être révisée en cours d’année par avenant. Pour disposer de la valeur la plus récente, il est recommandé de se rapprocher du service des ressources humaines de son établissement ou de consulter le site de la fédération patronale de rattachement. Le minimum conventionnel résultant de l’application de la grille ne peut en aucun cas être inférieur au SMIC en vigueur, qui reste le plancher légal absolu applicable à tout salarié.
Les revaluations successives du point CCN 66 ont représenté un enjeu syndical majeur, en particulier pendant la période d’inflation élevée de 2022 à 2024. Plusieurs accords de branche ont permis des hausses significatives, mais certaines organisations syndicales estiment que le rattrapage reste incomplet par rapport à l’évolution du coût de la vie. Suivre ces évolutions est essentiel pour tout professionnel du secteur qui souhaite vérifier la conformité de sa paie et anticiper les prochaines revalorisations.
Comment calculer le salaire indiciaire avec la convention collective 66 ?
Le calcul du salaire brut mensuel est direct une fois que vous connaissez votre coefficient. La formule est : salaire brut = coefficient × valeur du point. Par exemple, un éducateur spécialisé classé au coefficient 411 perçoit un salaire de base de 411 × 3,93, soit environ 1 615 euros bruts. À ce socle s’ajoutent les majorations d’ancienneté, les primes conventionnelles et, le cas échéant, la prime Ségur de 183 euros bruts pour les établissements éligibles.
L’ancienneté génère des points supplémentaires qui majorent le coefficient de base. La convention prévoit une progression tous les deux ou trois ans selon la catégorie, jusqu’à un plafond au-delà duquel l’ancienneté ne produit plus de points. Après 30 ans de services dans des établissements relevant de la convention 66, un salarié peut voir son salaire conventionnel augmenter de 15 à 25 % par rapport au niveau d’entrée dans la même classification.
Pour les salariés à temps partiel, le salaire est proratisé selon le nombre d’heures contractuelles par rapport à la durée légale de 35 heures. On calcule d’abord le salaire temps plein sur la base du coefficient, puis on applique le ratio de temps de travail. Le salaire minimum à temps partiel ne peut jamais descendre sous le SMIC horaire, quelle que soit la situation du salarié ou de l’établissement.
| Catégorie de personnel | Coefficient d’entrée | Salaire brut estimé 2026 | Après 10 ans d’ancienneté |
|---|---|---|---|
| Agent de service | 293 | 1 151 € | ~1 285 € |
| Aide médico-psychologique (AMP/AES) | 376 | 1 478 € | ~1 645 € |
| Moniteur éducateur | 403 | 1 584 € | ~1 760 € |
| Éducateur spécialisé | 411 | 1 615 € | ~1 795 € |
| Assistant de service social | 434 | 1 706 € | ~1 895 € |
| Chef de service éducatif | 770 | 3 026 € | ~3 360 € |
| Directeur d’établissement (classe 2) | 870 | 3 419 € | ~3 800 € |
Ces montants sont des estimations basées sur la valeur du point de 3,93 euros et n’incluent ni la prime Ségur, ni les indemnités de sujétion, ni les majorations de nuit ou de week-end. La grille de salaire éducateur spécialisé convention 66 détaille les coefficients et leur progression complète selon l’ancienneté pour ce métier spécifique, avec les barèmes à jour.

La grille des catégories professionnelles de la CCN 66
Les grandes familles de métiers couvertes
La convention 66 organise les métiers en plusieurs filières, chacune dotée de sa propre grille de coefficients. Cette organisation reflète la diversité des fonctions dans les établissements du secteur : des services d’accompagnement quotidien auprès des usagers jusqu’aux fonctions de direction, en passant par les fonctions support administratives et logistiques.
- Filière éducative et sociale : moniteur d’atelier, éducateur spécialisé, assistant social, chef de service, directeur
- Filière paramédicale : aide-soignant, infirmier diplômé d’État, kinésithérapeute, ergothérapeute, psychomotricien
- Filière administrative : secrétaire, comptable, responsable administratif, attaché d’administration
- Filière services généraux : agent de service, cuisinier, maître de maison, veilleur de nuit
- Filière médicale : médecin, psychiatre, pédopsychiatre — avec des statuts et modes de rémunération spécifiques
Chaque filière dispose de coefficients d’entrée différents et d’une progression à l’ancienneté qui lui est propre. La convention fixe également les conditions dans lesquelles un salarié change d’échelon ou est reclassé lors d’une promotion. La grille des salaires constitue un outil de référence incontournable pour négocier une embauche ou une évolution de carrière dans le secteur.
Comment lire et utiliser la grille de la convention 66 ?
La grille se présente classiquement sous forme d’un tableau à double entrée : en ligne, les catégories et sous-catégories de personnel ; en colonne, les niveaux d’ancienneté de 0 à 30 ans ou plus. À chaque intersection correspond un coefficient précis. Pour trouver votre coefficient, vous devez connaître votre classification conventionnelle, obligatoirement mentionnée dans votre contrat de travail et sur votre bulletin de paie.
Un point souvent méconnu : l’ancienneté retenue ne se limite pas forcément à l’ancienneté dans l’établissement actuel. Des règles de reprise d’ancienneté s’appliquent pour les salariés venant d’une autre structure relevant de la même convention collective. Lors d’une nouvelle embauche, il est toujours pertinent de négocier la reprise d’ancienneté dès la signature du contrat, car quelques années reprises représentent plusieurs dizaines d’euros supplémentaires par mois sur le salaire de base.
Les primes et indemnités prévues par la convention collective 66
Le salaire indiciaire de base n’est qu’une partie de la rémunération totale. La convention 66 prévoit plusieurs primes et indemnités qui viennent compléter la paie mensuelle. Ces éléments s’appliquent de plein droit dès que les conditions sont réunies, et l’employeur ne peut pas les supprimer unilatéralement.
- L’indemnité de sujétion spéciale (ISS) : versée aux personnels en contact direct et permanent avec les usagers, elle représente un pourcentage du salaire brut de base.
- La majoration pour travail de nuit : les salariés dont le planning inclut des heures nocturnes bénéficient d’une majoration horaire définie par la convention.
- L’indemnité de dimanche et jours fériés : le travail le dimanche ou un jour férié donne lieu à une compensation financière spécifique.
- La prime d’internat : accordée aux personnels qui assurent des fonctions en internat auprès des résidents hébergés.
- L’indemnité de déplacement : pour les salariés itinérants ou amenés à se déplacer dans le cadre de leurs missions.
Ces indemnités représentent un complément de revenu significatif, en particulier pour les personnels travaillant en internat avec des horaires décalés. Un éducateur en foyer d’hébergement avec des nuits et des week-ends perçoit un revenu mensuel réel nettement supérieur au seul salaire indiciaire de base. Vérifier la bonne application de chacune de ces indemnités sur sa fiche de paie est une démarche que tout salarié devrait mener au moins une fois par an.
Certains accords d’entreprise prévoient des primes supplémentaires propres à la structure, en complément de la convention : prime d’assiduité, chèques vacances, participation aux frais de transport. Ces accords ne peuvent pas être moins favorables que la convention collective, mais ils apportent parfois des avantages non négligeables. Se renseigner sur l’existence d’un tel accord dans son établissement permet de découvrir des droits parfois méconnus.

La prime Ségur dans le secteur sanitaire, social et médico-social
Depuis 2021, la revalorisation Ségur a modifié en profondeur la structure de rémunération des professionnels du secteur. Initialement accordée aux personnels des établissements de santé publics, cette prime a été étendue progressivement aux salariés des structures relevant de la convention 66 financées par l’Assurance maladie ou par les conseils départementaux. En 2026, la grande majorité des salariés concernés bénéficient de cette revalorisation.
Concrètement, la prime Ségur représente 183 euros bruts mensuels supplémentaires pour un salarié à temps plein. Elle est versée en dehors du salaire indiciaire et n’est pas soumise au mécanisme de points. Son montant est proratisé pour les salariés à temps partiel. Pour un aide médico-psychologique au coefficient 376, cela représente une hausse de rémunération d’environ 12 %, ce qui est loin d’être négligeable dans un secteur où les salaires convention ont longtemps été proches des minima légaux.
La question de l’éligibilité reste parfois complexe selon la nature du financement de l’établissement. Les structures à financement mixte ou exclusivement privé ont pu rencontrer des difficultés à intégrer la prime dans leur masse salariale. Des accords département par département ont progressivement clarifié la situation. En cas de doute sur votre éligibilité, un syndicat représentatif dans votre branche est le bon interlocuteur pour obtenir une réponse précise adaptée à votre situation.
Quelles sont les indemnités compensatrices pour déplacements de service ?
Les salariés qui effectuent des déplacements professionnels — accompagnements d’usagers, visites à domicile, liaisons entre sites d’un même établissement — ont droit à des indemnités de déplacement prévues par la convention 66. Ces indemnités compensent à la fois les frais engagés et le temps passé en dehors du lieu de travail habituel.
La convention prévoit un remboursement sur la base des tarifs de transport en commun ou, si le salarié utilise son véhicule personnel avec l’accord de l’employeur, sur la base du barème kilométrique fiscal en vigueur. Les salariés dont les déplacements sont fréquents — travailleurs sociaux à domicile, éducateurs de rue — bénéficient souvent d’indemnités forfaitaires mensuelles définies par accord d’entreprise, ce qui simplifie la gestion tout en garantissant une compensation équitable.
Pour les déplacements impliquant une nuitée hors domicile, des indemnités de repas et d’hébergement s’appliquent également, selon des barèmes définis par la convention ou par accord d’entreprise. Ces barèmes sont révisés périodiquement pour suivre l’évolution du coût de la vie. Conserver tous les justificatifs et les soumettre dans les délais fixés par la procédure interne est indispensable pour obtenir le remboursement de ses frais sans délai inutile.
Changement de catégorie temporaire : quel salaire s’applique ?
Il arrive qu’un salarié soit amené à exercer temporairement des fonctions relevant d’une catégorie supérieure à la sienne, par exemple pour remplacer un responsable de service absent ou assurer l’intérim d’un poste de direction. La convention 66 encadre précisément cette situation pour éviter que des responsabilités plus importantes ne soient exercées sans contrepartie salariale.
Lorsqu’un salarié est affecté temporairement à un poste de catégorie supérieure, il perçoit, pour toute la durée de cet exercice, le salaire correspondant à ce poste. Son coefficient est provisoirement révisé à la hausse pour atteindre le coefficient d’entrée de la catégorie d’accueil — ou son propre coefficient si celui-ci est déjà supérieur. Cette règle protège le salarié contre le risque d’assurer des responsabilités accrues sans compensation financière, une pratique qui constituerait un manquement contractuel de l’employeur.
À l’inverse, si un salarié est temporairement affecté à des fonctions d’une catégorie inférieure pour des raisons médicales ou organisationnelles, son salaire conventionnel est maintenu. La convention garantit que ce reclassement temporaire vers le bas ne pénalise pas le salarié sur le plan financier. Tout accord contraire à cette disposition serait nul et non avenu au regard des règles impératives de la convention.

Quand est versée la rémunération selon la convention collective 66 ?
La convention 66 précise que la rémunération est versée une fois par mois, à terme échu. La date de paiement est fixée au plus tard en fin de mois ou dans les premiers jours du mois suivant selon les pratiques de l’employeur. Dans les faits, la grande majorité des établissements versent les salaires entre le 25 et le dernier jour du mois pour le mois courant.
La convention impose la remise d’un bulletin de salaire détaillé à chaque versement, faisant apparaître l’ensemble des éléments de rémunération : salaire indiciaire de base, primes, indemnités, cotisations sociales patronales et salariales, montant net avant et après prélèvement à la source. La dématérialisation des bulletins de paie est désormais généralisée dans les grandes structures. Les salariés des petits établissements encore au format papier ont le droit de demander le passage au format dématérialisé, sans que l’employeur ne puisse s’y opposer.
En cas de retard de paiement, le salarié est fondé à réclamer des intérêts de retard et, si les retards se répètent, à engager des démarches auprès du conseil de prud’hommes. Pour comparer les logiques salariales entre secteur associatif et secteur public, la grille indiciaire de la police nationale illustre comment fonctionne un système de points dans le public, avec des mécanismes de progression proches de la philosophie de la convention 66.
Questions fréquentes
Où puis-je trouver la grille de salaires de la convention collective 66 ?
La grille officielle de salaires de la convention 66 est disponible auprès des fédérations d’employeurs du secteur — Nexem, FEHAP —, sur les sites des syndicats représentatifs (CGT, CFDT, FO) et sur Légifrance pour les textes ayant fait l’objet d’un arrêté d’extension. Votre service des ressources humaines ou votre délégué syndical sont également de bons interlocuteurs pour obtenir la grille à jour. Des sites spécialisés publient des synthèses accessibles, notamment pour les métiers les plus courants du secteur social.
Comment calculer mon salaire avec la convention 66 ?
Identifiez votre coefficient conventionnel sur votre contrat de travail ou votre fiche de paie, puis multipliez-le par la valeur du point en vigueur (3,93 euros en 2026). Vous obtenez votre salaire brut de base. Ajoutez ensuite les points d’ancienneté, les primes conventionnelles auxquelles vous avez droit — indemnité de sujétion, majorations nuit et week-end — et, si vous êtes éligible, la prime Ségur de 183 euros bruts. La somme obtenue correspond à votre salaire brut total avant déduction des cotisations salariales et du prélèvement à la source.
Où puis-je trouver la grille de salaire de la convention 66 pour 2026 en PDF ?
Il n’existe pas de document PDF unique regroupant toute la grille de la convention 66 pour 2026 en téléchargement libre : elle se reconstitue à partir des textes conventionnels et des avenants publiés au Journal officiel. Pour obtenir un document complet et à jour, consultez le site de Nexem ou de la FEHAP, demandez la grille à votre service RH, ou rapprochez-vous de votre syndicat. Certains organismes professionnels proposent des synthèses à télécharger, parfois en contrepartie d’une adhésion ou d’un abonnement à leurs services.
Comment calculer le salaire selon la convention collective 1966 Ségur ?
Le calcul du salaire avec la prime Ségur combine deux éléments distincts : le salaire indiciaire conventionnel (coefficient multiplié par la valeur du point de 3,93 euros en 2026), auquel s’ajoute la prime Ségur de 183 euros bruts pour les salariés éligibles. Par exemple, un aide médico-psychologique au coefficient 376 perçoit 376 × 3,93 = 1 478 euros de salaire de base, plus 183 euros de prime Ségur, soit 1 661 euros bruts par mois avant ancienneté et autres primes. Cette prime est désormais intégrée dans la rémunération de la quasi-totalité des salariés des établissements médico-sociaux financés par l’Assurance maladie ou les conseils départementaux.

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